Booking : la Commission enquête sur ses obligations de très grande plateforme
XXI Institut · 21 octobre 2026
La Commission européenne a ouvert le 21 octobre une procédure formelle contre Booking.com au titre du règlement sur les services numériques. Elle veut vérifier si la plateforme protège suffisamment ses clients contre les fausses annonces et l'hameçonnage, et si ses annonces « boostées » sont identifiées comme de la publicité. C'est la première procédure de ce type visant Booking, selon Le Monde.
Booking figure parmi les dix-sept très grandes plateformes en ligne désignées par la Commission le 25 avril 2023 (Commission européenne, IP/23/2413). Ce statut emporte des obligations renforcées. La plateforme doit recenser, analyser et évaluer de manière diligente les risques systémiques liés à son service, y compris ceux qui touchent au droit à un niveau élevé de protection des consommateurs garanti par la Charte des droits fondamentaux, au moins une fois par an (règl. (UE) 2022/2065, art. 34). Les destinataires du service doivent par ailleurs pouvoir se rendre compte, de manière claire et en temps réel, qu'une information est de la publicité (même règlement, art. 26).
Les trois griefs de la Commission éprouvent ces deux règles. Les appartements fictifs et les annonces trompeuses, comme les messages frauduleux envoyés à des voyageurs à partir de données de réservation, relèvent de l'évaluation et de l'atténuation des risques (Commission européenne, 21 octobre 2026). Les annonces « boostées », mises en avant contre une commission plus élevée payée par l'hébergeur, posent une question de qualification : la Commission estime que les utilisateurs devraient pouvoir y reconnaître de la publicité.
Si une infraction est constatée, l'amende peut atteindre 6 % du chiffre d'affaires mondial annuel. La Commission peut aussi rendre obligatoires des engagements proposés par la plateforme (même règlement, art. 74). L'ouverture de la procédure ne préjuge pas de son issue, et Booking assure à l'AFP coopérer pleinement. Une défense possible de la plateforme consisterait à présenter la mise en avant payante comme une fonction de classement proposée aux hébergeurs, plutôt que comme une publicité adressée aux voyageurs. L'enjeu dépasse Booking : les hôteliers, les offices de tourisme et les collectivités qui suivent le marché des meublés de tourisme ont intérêt aux éclaircissements que la procédure apportera sur la responsabilité des plateformes dans la fiabilité des annonces.
Article de presse à l'origine de ce billet : Le Monde, 21 octobre 2026.
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