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Démantèlement des navires : les armateurs veulent élargir la liste européenne

XXI Institut · 28 octobre 2026

La Commission européenne propose d'inscrire pour la première fois deux chantiers indiens d'Alang sur la liste des installations autorisées à démanteler les navires sous pavillon d'un État membre. Des armateurs, dont CMA CGM, le demandent ; des ONG et des chantiers européens s'y opposent, rapporte Le Monde.

Le cadre est fixé par le règlement sur le recyclage des navires. La Commission établit par actes d'exécution une liste européenne d'installations, situées dans l'Union ou dans des pays tiers ; pour ces dernières, l'inscription repose sur l'évaluation des informations et éléments de preuve fournis ou collectés. Chaque inscription précise la méthode de recyclage, les conditions imposées, notamment pour les déchets dangereux, et vaut cinq ans au plus (règl. (UE) n° 1257/2013, art. 16). Selon le journal, la nouvelle liste doit être approuvée à la majorité qualifiée des États membres d'ici à Noël.

La première thèse est celle des armateurs. Le règlement repose sur le respect d'exigences environnementales, de santé et de sécurité, non sur la géographie ; les chantiers indiens auraient investi pour obtenir l'agrément, et les capacités européennes seraient insuffisantes. CMA CGM ajoute qu'une liste trop étroite inciterait à immatriculer les navires hors de l'Union. Le journal relève que l'étude citée par l'armateur émane d'une coalition qu'il contrôle.

La seconde thèse est celle des ONG. Le démantèlement sur l'estran, l'« échouage », se concilie mal avec l'imperméabilisation des sols et le confinement des substances dangereuses qu'exige le règlement ; l'impact d'une plage où des dizaines de chantiers sont accolés ne peut s'évaluer site par site. Les rapports d'inspection européens font toutefois état d'améliorations sur les deux chantiers visés.

Les deux thèses se rejoignent sur l'enjeu industriel. Le prix de la tonne d'acier, environ 400 euros en Inde contre 100 à 150 euros en Europe selon le journal, détermine la destination des navires. La décision intéresse aussi la stratégie européenne de recyclage de l'acier, et la cohérence avec un projet de limitation des exportations de ferraille.

Article de presse à l'origine de ce billet : Le Monde, Économie, 28 octobre 2026.

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