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Lycées de Seine-Saint-Denis : l'offre de formation et l'égalité territoriale

XXI Institut · 26 octobre 2026

Selon une étude de l'Institut des politiques publiques commandée par le département, que présente Le Monde, 37 % des lycéens de Seine-Saint-Denis ont accès aux treize doublettes de spécialités les plus suivies en terminale générale, contre tous les élèves parisiens. Le département, qui a commandé l'étude, n'a pourtant pas la charge des lycées.

Le premier échelon est celui de l'État. L'ouverture des spécialités, des langues vivantes et des classes préparatoires, l'affectation des élèves et les moyens d'enseignement relèvent des autorités académiques. L'étude relève que plus d'un élève de Seine-Saint-Denis sur deux n'a accès en priorité qu'à un seul lycée de secteur, quand chaque élève parisien peut candidater à cinq lycées de sa zone.

Le deuxième échelon est la région. Elle a la charge des lycées : construction, extension, équipement et fonctionnement (C. éduc., art. L. 214-6). Pour la voie professionnelle, la carte régionale des formations initiales est arrêtée chaque année par la région après accord de l'autorité académique, à partir d'un classement commun des ouvertures et fermetures de sections (C. éduc., art. L. 214-13-1). Pour la voie générale, l'implantation des enseignements reste une décision de l'État.

Le troisième échelon est le département, compétent pour les collèges. Il explique au journal avoir voulu « objectiver » un sentiment d'assignation qui pèse, dès la fin du primaire, sur l'attractivité de ses collèges. Sa demande de rattachement à l'académie de Paris est ancienne ; elle supposerait une modification de la carte académique, qui relève de l'État.

Le contrepoint est rappelé par l'article lui-même : élargir l'accès des élèves de Seine-Saint-Denis aux lycées parisiens, par des places interacadémiques, risque de n'attirer que les plus favorisés et d'appauvrir encore les établissements du département. L'égalité d'accès peut passer par l'ouverture d'enseignements sur place plutôt que par la mobilité des élèves, deux voies qui n'ont ni le même coût ni les mêmes effets.

La portée de l'étude tient à sa base : des données ouvertes du ministère de l'éducation nationale, que chaque collectivité peut mobiliser. La convention annuelle signée entre la région et les autorités académiques est le cadre juridique dans lequel ces constats peuvent peser sur l'offre de formation professionnelle ; pour la voie générale, la décision appartient à l'État.

Article de presse à l'origine de ce billet : Le Monde, Société, 26 octobre 2026.

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