Milan : l'Italie déploie 500 soldats en appui de la police
XXI Institut · 20 octobre 2026
Après deux jours d'affrontements à Milan, la présidente du conseil italien a annoncé le 20 octobre le déploiement de 500 militaires jusqu'à la fin de l'année. Le gouvernement a renoncé à leur confier des pouvoirs de police, en raison de l'opposition du président de la République, Sergio Mattarella, rapporte Le Monde.
Le 17 octobre, les manifestations avaient dégénéré à Milan comme dans plusieurs villes françaises. Le contraste tient au rôle donné aux armées. Selon le journal, Rome a approuvé en même temps la facilitation de la détention des mineurs, des amendes aux parents pour les dégradations commises par leurs enfants et un délit de « participation violente à une manifestation ». Les soldats viendront en soutien de la police, sans en exercer les prérogatives.
En France, la règle est posée par le code de la défense : « Aucune force armée ne peut agir sur le territoire de la République pour les besoins de la défense et de la sécurité civiles sans une réquisition légale ». La gendarmerie, force armée, en est exceptée, mais l'emploi de ses moyens militaires spécifiques pour le maintien de l'ordre reste soumis à autorisation (C. défense, art. L. 1321-1). Une instruction ministérielle de 2017 réserve l'appel aux armées au cas où les moyens habituels seraient indisponibles, inadaptés ou insuffisants, une hypothèse qui ne s'est jamais réalisée, relève Le Monde. Le refus italien d'armer les soldats de pouvoirs de police rejoint au fond la logique française : la présence militaire dissuade, mais l'interpellation, la dispersion et l'usage de la force restent l'affaire de forces formées à ces missions. L'épuisement des effectifs de police après des mobilisations répétées plaide, en sens inverse, pour une présence militaire en appui. L'expérience milanaise dira si une présence sans pouvoirs suffit à soulager les policiers ou si elle ne fait que déplacer le problème.
Article de presse à l'origine de ce billet : Le Monde, 20 octobre 2026.
XXI Institut
Document d'information juridique, ni conseil ni consultation. Le droit cité est celui en vigueur au 20 octobre 2026.