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Ours des Pyrénées : une population efficace d'une dizaine d'individus

XXI Institut · 20 octobre 2026

Le bilan de l'Office français de la biodiversité publié le 14 octobre recense au moins neuf portées et seize oursons depuis le début de l'année. Près de 130 ours vivraient dans le massif. Mais leur consanguinité ramène la population génétiquement efficace à une dizaine d'individus, selon les études citées par Le Monde.

L'effectif et l'état de conservation ne se confondent pas. Selon une étude du Muséum national d'histoire naturelle de 2025, les femelles pyrénéennes ont en moyenne 1,8 ourson par portée, contre 2,2 à 2,7 dans une population non consanguine, et les oursons consanguins survivent moins bien. Plus un ours est consanguin, moins il se disperse, ce qui aggrave encore la consanguinité.

Le droit des espèces protégées se règle sur l'état de conservation. Le code interdit la destruction, la capture et la perturbation intentionnelle des espèces protégées (C. env., art. L. 411-1). Toute dérogation, qu'il s'agisse d'effarouchement ou de prévention des dommages aux troupeaux, suppose l'absence d'autre solution satisfaisante et ne doit pas nuire « au maintien, dans un état de conservation favorable, des populations des espèces concernées ». Le même texte admet des dérogations à des fins « de repeuplement et de réintroduction » (C. env., art. L. 411-2, I, 4°). Avec une population efficace de cette taille, la démonstration exigée pour autoriser des mesures défavorables à l'espèce devient plus difficile. Celle qui fonderait un nouveau lâcher d'ours, que l'association Pays de l'ours-Adet appelle de ses vœux, se trouve à l'inverse confortée. Dans les vallées exposées à la prédation sur les troupeaux, l'augmentation régulière des effectifs depuis trente ans est l'argument opposé aux nouveaux lâchers. La décision appartient à l'État. Elle devra se fonder sur les indicateurs génétiques plutôt que sur le seul comptage, puisque c'est l'état de conservation que la loi lui demande de garantir.

Article de presse à l'origine de ce billet : Le Monde, 20 octobre 2026.

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