Pénurie d'eau à Pontarlier : l'eau potable passe avant les autres usages
XXI Institut · 25 octobre 2026
À Pontarlier, dans le Haut-Doubs, la nappe phréatique est à un niveau historiquement bas et les autorités préparent une coupure généralisée de l'eau du robinet si l'hiver ne la recharge pas, rapporte Le Monde. Le préfet parle d'une situation « inédite ». La population, invitée à la sobriété, a déjà réduit sa consommation d'environ un huitième depuis le début d'octobre.
Le plan élaboré par la préfecture, la communauté de communes et l'agence régionale de santé prévoit, selon le journal, une coupure complète sauf pour l'hôpital, la clinique, l'établissement pour personnes âgées, les pompiers et les écoles, qui deviendraient des points d'approvisionnement. Quelque 8 000 jerricans seraient distribués et les personnes vulnérables desservies à domicile. Le point critique est situé au printemps 2027. La commune a fermé sa piscine.
La règle fixe d'abord une hiérarchie. La gestion équilibrée de la ressource doit permettre « en priorité » de satisfaire les exigences de la santé, de la salubrité publique, de la sécurité civile et de l'alimentation en eau potable de la population (C. env., art. L. 211-1, II). L'autorité administrative peut prendre des mesures de limitation ou de suspension provisoire des usages de l'eau pour faire face à une sécheresse ou à un risque de pénurie, dans les conditions fixées par décret en Conseil d'État (C. env., art. L. 211-3, II, 1°).
La distribution, elle, relève des communes, qui arrêtent un schéma de distribution d'eau potable comprenant un diagnostic des ouvrages et un programme d'actions ; la compétence peut être exercée par la communauté de communes (CGCT, art. L. 2224-7-1). Toute personne qui met de l'eau à disposition du public doit s'assurer qu'elle est propre et salubre (CSP, art. L. 1321-1), exigence qui s'applique aussi à l'eau distribuée en jerricans. L'épisode montre que le schéma de distribution, souvent traité comme un document technique, est l'outil qui permet d'anticiper ces crises : sécurisation de la ressource, interconnexions, état des canalisations. Le président de la commission locale de l'eau cité par le journal défend une réforme de la gouvernance et vise aussi les usages agricoles et industriels, dont le partage de l'eau deviendra plus disputé.
Article de presse à l'origine de ce billet : Le Monde, 25 octobre 2026.
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