Réacteurs nucléaires : la durée de vie se décide à chaque réexamen décennal
XXI Institut · 22 octobre 2026
L'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection a publié le 22 octobre un projet d'avis selon lequel elle n'a pas identifié, en l'état des connaissances, d'obstacle à la poursuite du fonctionnement des réacteurs au-delà de 60 ans pour lequel EDF ne disposerait pas de levier d'action, rapporte Le Monde. Une consultation du public est ouverte jusqu'au 2 décembre.
On parle souvent d'une « durée de vie » des réacteurs fixée à quarante ou soixante ans. Le président de l'autorité l'a rappelé devant l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques : il n'existe pas de limite d'âge légale. Le code prévoit un réexamen périodique de chaque installation nucléaire de base, tous les dix ans en règle générale, qui apprécie sa situation au regard des règles applicables et actualise l'appréciation des risques. Ce réexamen tient compte de l'état de l'installation, de l'expérience acquise et de l'évolution des connaissances, y compris sur le changement climatique et ses effets (C. env., art. L. 593-18).
L'exploitant adresse ses conclusions à l'autorité, qui peut lui imposer de nouvelles prescriptions. Au-delà de la trente-cinquième année de fonctionnement d'un réacteur, son rapport fait l'objet d'une enquête publique, dont l'autorité tient compte ; cinq ans plus tard, l'exploitant remet un rapport intermédiaire sur la mise en œuvre des prescriptions. L'analyse et les prescriptions sont rendues publiques (C. env., art. L. 593-19). C'est à chacune de ces étapes, réacteur par réacteur, que se décide la poursuite du fonctionnement.
Le projet d'avis n'est donc ni un réexamen anticipé, ni une autorisation de prolongation, comme l'a souligné l'autorité. Il signale les points qui pèseront sur les prochains réexamens : environ une dizaine de cuves pour lesquelles la démonstration actuelle ne permet pas de justifier une exploitation jusqu'à 80 ans, l'effet de la modulation de puissance sur certains équipements, et les incertitudes des projections climatiques. Ni l'autorité ni EDF n'ont publié la liste des réacteurs concernés, relève le journal. Cette information conditionnera la qualité des futures enquêtes publiques, qui ne peuvent éclairer le public que si les sujets propres à chaque réacteur sont connus.
Article de presse à l'origine de ce billet : Le Monde, 22 octobre 2026.
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