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Violences lors d'une manifestation à Strasbourg : l'enquête et ses règles

XXI Institut · 26 octobre 2026

Le parquet de Strasbourg a ouvert le 26 octobre une enquête pour « violence par personne dépositaire de l'autorité publique », après la diffusion d'une vidéo montrant des policiers porter des coups de matraque à deux manifestants lors de la mobilisation du 24 octobre, rapporte Le Monde. L'un des secouristes présents a porté plainte.

Le fait d'abord. Selon le journal, la vidéo montre deux manifestants masqués, dont l'un boite, rejoints par deux secouristes bénévoles, puis plaqués au sol et frappés par plusieurs policiers avant d'être emmenés. L'enquête est confiée à la cellule de déontologie de la direction interdépartementale de la police nationale du Bas-Rhin. La préfecture fait état de trente interpellations, de deux manifestants et de treize policiers légèrement blessés.

La règle ensuite, sur deux plans. Sur le plan pénal, des violences ayant entraîné une incapacité de travail de huit jours au plus, ou aucune, sont punies de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende lorsqu'elles sont commises par une personne dépositaire de l'autorité publique dans l'exercice de ses fonctions (C. pén., art. 222-13, 7°). Le même article aggrave les violences commises contre un policier et celles commises par une personne qui dissimule son visage pour ne pas être identifiée. Sur le plan déontologique, le policier « emploie la force dans le cadre fixé par la loi, seulement lorsque c'est nécessaire, et de façon proportionnée au but à atteindre ou à la gravité de la menace » (CSI, art. R. 434-18).

La portée enfin. L'enquête aura à établir ce que la vidéo ne montre pas nécessairement : ce qui précédait la scène, les ordres reçus, et si les personnes visées avaient commis des actes justifiant leur interpellation. Une interpellation peut légitimement exiger l'usage de la force ; des coups portés à une personne déjà maîtrisée relèvent d'une autre appréciation. À l'inverse, une vidéo de quelques secondes isole un geste de son contexte, et le bilan de la préfecture compte plus de policiers que de manifestants blessés ce jour-là. L'ouverture d'une enquête ne préjuge pas de son issue.

La procédure fait aussi apparaître le rôle des images. La vidéo diffusée par un photojournaliste a déclenché l'enquête ; elle en sera une pièce, à côté des enregistrements des forces de l'ordre et des témoignages. Le maintien de l'ordre et l'usage des armes de force intermédiaire ont fait l'objet de billets les 20 et 21 octobre.

Mise à jour au 27 octobre 2026. Le procureur de Rouen a ouvert une enquête après la diffusion de vidéos montrant un projectile lancé par un policier exploser aux pieds d'un enfant de cinq ans, le 24 octobre, alors que sa famille ne participait à aucun rassemblement selon le signalement du maire, rapporte Le Monde (27 octobre 2026). Le même cadre s'applique : l'usage de la force n'est permis que s'il est nécessaire et proportionné à la menace.

Mise à jour au 29 octobre 2026. À Toulouse, le parquet a saisi l'inspection générale de la police nationale après la plainte d'un manifestant de 20 ans grièvement blessé à la main lors de heurts le 24 octobre, sous la qualification de violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique suivies de mutilation ou d'infirmité permanente, rapporte Le Monde (29 octobre 2026). Le procureur précise que cette qualification, retenue au plus grave comme c'est l'usage, ne préjuge pas de la nature exacte de l'infraction.

Article de presse à l'origine de ce billet : Le Monde, Politique, 26 octobre 2026.

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