Tudigo en liquidation : le plan de continuité organise le suivi des projets
XXI Institut · 22 octobre 2026
Le tribunal de commerce de Bordeaux a rejeté le 12 octobre les sept offres de reprise de Tudigo, plateforme de financement participatif en redressement judiciaire depuis la fin de juillet, et engagé sa liquidation, rapporte Le Monde. La plateforme comptait 26 000 clients et avait permis de lever 215 millions d'euros en quinze ans.
La faillite d'une plateforme fait souvent craindre la perte des sommes investies. La situation juridique est différente. Les investisseurs n'ont pas prêté à la plateforme : ils détiennent des obligations ou des titres émis par les entreprises financées, parfois par l'intermédiaire de véhicules d'investissement dédiés. La liquidation, qui met fin à l'activité de la plateforme débitrice et réalise son patrimoine (C. com., art. L. 640-1), ne fait donc pas disparaître leurs créances sur ces entreprises. Le risque qui demeure est celui de chaque projet financé, et non de la plateforme.
Le droit européen a prévu ce cas. Pour être agréé, un prestataire de services de financement participatif doit décrire un plan de continuité des activités garantissant, en cas de défaillance, la continuité des services essentiels liés aux investissements existants et la bonne gestion des accords avec ses clients (règl. (UE) 2020/1503, art. 12, § 2, j). Son organe de direction doit réexaminer ce plan au moins tous les deux ans (même règlement, art. 4, § 3). Selon le journal, Tudigo a présenté le sien dès l'ouverture du redressement : trois prestataires reprennent la gestion, rémunérés par les investisseurs sous forme de commissions sur leurs remboursements.
Pour les projets obligataires, les porteurs d'obligations d'une même émission forment de plein droit une masse dotée de la personnalité civile pour la défense de leurs intérêts communs (C. com., art. L. 228-46). Les investisseurs devront valider la nomination de leur représentant, et ceux des véhicules dédiés élire un nouveau président, indique le journal. La continuité a un prix : la reprise proposée par une autre plateforme, qui offrait de gérer gratuitement ces véhicules, a été jugée insuffisante par le tribunal au regard d'un passif de 4,56 millions d'euros. Les investisseurs ont intérêt à participer aux assemblées qui les convoquent, faute de quoi la représentation de leurs droits risque de rester vacante.
Article de presse à l'origine de ce billet : Le Monde, 22 octobre 2026.
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