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Métropoles

Comment s’articulent les compétences de la métropole et celles des communes ? La réponse détermine la validité des actes, le financement des projets et la responsabilité de leur exécution. XXI accompagne les métropoles et leurs partenaires dans ce partage des pouvoirs, puis dans les opérations qui en dépendent.

Le régime d’abord

Le mot « métropole » recouvre plusieurs institutions

La compétence et le signataire d’un acte ne se déduisent pas du seul nom de la métropole. Le régime applicable doit être établi avant de préparer un transfert, une convention ou un grand projet.

Métropoles de droit commun

Ce sont des EPCI à fiscalité propre fortement intégrés. Ils exercent de plein droit des compétences à la place des communes membres ; certains domaines impliquent aussi la définition d’un intérêt métropolitain, des délégations ou des conventions avec d’autres autorités.

Grand Paris

La métropole du Grand Paris est un EPCI à statut particulier. Les établissements publics territoriaux et les communes participent également à l’exercice des compétences dans son périmètre. Une opération impose donc de vérifier l’échelon compétent pour chaque décision.

Aix-Marseille-Provence

Cette métropole connaît des dispositions propres et des aménagements de compétences. Le partage avec les communes, les actes de délégation et la maîtrise d’ouvrage se vérifient au regard de ce régime particulier.

Lyon

La Métropole de Lyon est une collectivité territoriale à statut particulier, et non un EPCI. Elle exerce aussi, sur son territoire, des compétences départementales. Une opération associant habitat, voirie et solidarités n’y suit donc pas le même circuit institutionnel.

Économie et aménagement

Construire la ville, accueillir l’activité et organiser les déplacements

Pour les métropoles de droit commun, la loi réunit des compétences auparavant exercées à des échelles différentes. Leur combinaison donne une capacité d’action réelle, sous réserve de distinguer les décisions de la métropole, celles des communes et celles des autres autorités.

Zones d’activité et développement économique

Aménager les sites industriels, commerciaux ou tertiaires, soutenir l’activité et participer au pilotage des pôles de compétitivité demande foncier, réseaux, contrats et articulation avec le schéma économique régional. Les aides aux entreprises requièrent une base juridique et une coordination avec la région.

Urbanisme et opérations d’aménagement

SCoT, PLU intercommunal, réserves foncières et opérations d’intérêt métropolitain structurent la croissance urbaine. Procédures de planification, évaluation environnementale, concertation et maîtrise d’ouvrage ne sont pas interchangeables.

Mobilité, voirie et gares

L’organisation des mobilités, le plan de mobilité, la voirie, la signalisation, les espaces publics et la participation à la gouvernance des gares relèvent de régimes distincts. Une ligne nouvelle appelle des accords avec communes, gestionnaires ferroviaires et autorités régionales.

Habitat et logement

Programme local de l’habitat, logement social, rénovation du parc, habitat dégradé et accueil des gens du voyage imposent une programmation et des actes adaptés. Les autorisations de construire, les pouvoirs de police et certaines aides de l’État conservent leur régime propre.

Quartiers et politique de la ville

Diagnostic territorial, orientations du contrat de ville et coordination des programmes d’action associent État, communes, bailleurs et associations. Il faut fixer les engagements, les moyens et les indicateurs sans confondre stratégie métropolitaine et présence de proximité.

Tourisme, culture, sport et recherche

Promotion touristique, équipements d’intérêt métropolitain et programmes de soutien à l’enseignement supérieur et à la recherche peuvent enrichir l’attractivité. L’intérêt métropolitain lorsqu’il est exigé, les droits des communes et les compétences régionales doivent être respectés.

Services et transition

Faire fonctionner les réseaux et préparer les risques

Eau, assainissement et eaux pluviales

Service, patrimoine, tarifs, travaux et conformité des rejets exigent des contrats et données fiables. Les eaux pluviales urbaines et la prévention des inondations obéissent à des responsabilités distinctes, même lorsqu’un projet mobilise les deux.

Déchets et économie circulaire

Collecte et traitement des déchets ménagers, prévention, tri et marchés ou concessions doivent tenir compte des objectifs de planification régionale, des installations disponibles et des coûts pour les usagers.

Climat, air, bruit et énergie

Plan climat-air-énergie territorial, lutte contre les pollutions et nuisances, réseaux de chaleur ou de froid, concessions d’énergie et bornes de recharge produisent des décisions différentes. Le plan doit être relié à des investissements, contrats et responsabilités vérifiables.

Milieux aquatiques et inondations

La GEMAPI engage études de bassin, travaux, ouvrages, entretien, foncier et coordination avec les gestionnaires de l’eau. En crise, la compétence sur l’ouvrage et les pouvoirs de police doivent être identifiés séparément.

Autres équipements et sécurité

Crématoriums et certains sites funéraires, marchés d’intérêt national, abattoirs et défense extérieure contre l’incendie répondent à des régimes spécifiques. La participation aux services d’incendie et de secours doit être appréciée dans les conditions prévues par les textes.

Infrastructures numériques

Réseaux de communications électroniques et services liés peuvent être portés avec syndicats et opérateurs. Propriété, accès aux infrastructures, obligations de couverture, données et contrôle du délégataire conditionnent la continuité du service.

Décisions à sécuriser

Compétence, biens, agents et charges doivent suivre le même projet

Délimiter la compétence

Vérifier textes, actes de transfert, intérêt métropolitain lorsque requis et éventuelles délégations. Une formule générale dans un schéma ou une convention ne suffit pas à habiliter un signataire pour l’opération considérée.

Organiser les conséquences du transfert

Recenser biens utilisés, contrats en cours, services, agents et données. Le calendrier des actes doit dire qui commande les travaux, paie les dépenses et répond aux usagers dès le changement de titulaire.

Faire une place aux communes

Des missions de proximité peuvent nécessiter une gestion conventionnée, des moyens partagés et une information claire des maires. La gouvernance doit permettre d’arbitrer les investissements sans confondre intérêt métropolitain et intérêts communaux.

Articuler les autres collectivités

État, région et département peuvent apporter compétence, financement ou autorisation. Ces contributions reposent sur leurs propres actes ; la métropole ne peut les annoncer comme acquis avant leur décision.

Arbitrages de territoire

Relier les politiques sans effacer leur cadre juridique

Développement productif et foncier

Accueillir une entreprise exige une parcelle exploitable, raccordements, autorisations, main-d’œuvre et desserte. Le calendrier de l’investisseur doit être confronté à celui des décisions publiques et des gestionnaires de réseaux.

Logement, transports et équipements

Un quartier neuf ajoute des déplacements et des besoins de services. La programmation de l’habitat, la maîtrise foncière et les contrats de transport doivent s’ajuster avant de figer le programme immobilier.

Risques et adaptation

Chaleur, inondation, eau et espaces naturels traversent plusieurs communes. L’intervention doit répartir travaux, entretien et gestion de crise selon les compétences exercées et les bassins réellement concernés.

Solidarité financière et contrôle

Une opération peut profiter à tout le territoire sans être implantée partout. Critères d’investissement, flux avec les communes, coût d’exploitation et contrôle des opérateurs doivent rendre cet arbitrage explicite.

Compétences reçues par convention

Selon les accords et le statut, la métropole peut exercer certaines compétences départementales, régionales ou déléguées par l’État : routes départementales, collèges, action sociale ou aides au logement par exemple. Le titre juridique, les ressources, les agents et les limites de chaque convention doivent être examinés ; Lyon relève d’un régime départemental propre.

Coopérations au-delà du périmètre

Planification régionale, contrat de plan, bassins de vie et, pour certaines métropoles, coopérations transfrontalières influent sur les opérations. La participation à un document élaboré par une autre autorité ne vaut pas pouvoir de l’adopter.

Les instruments

Choisir les actes en fonction du pouvoir exercé

Délibérations et conventions

Transferts, intérêt métropolitain, gestion de proximité, délégations et relations financières demandent des actes distincts, adoptés par les organes compétents dans le bon ordre.

Planification et foncier

Documents d’urbanisme, habitat, opérations d’aménagement, acquisitions et autorisations ont chacun leurs auteurs et procédures. Les outils partenariaux sont examinés lorsque l’ampleur du projet et les engagements de l’État le justifient.

Contrats et sociétés

Marché, concession, société de projet ou convention de coopération répondent à des objets et à des partages de risque différents. Gouvernance, données, contrôle et sortie doivent figurer dans le montage.

Financement et traçabilité

Budget métropolitain, contribution des partenaires, dette, recettes d’exploitation et aides éventuelles sont reliés au calendrier réel. Les justificatifs de décision et de dépense préparent aussi les contrôles futurs.

Relations financières avec les communes

Attributions de compensation, évaluation des charges transférées, dotations et pactes financiers influencent les capacités d’investissement. La délibération, le chiffrage et les effets sur chaque commune doivent être intelligibles et documentés.

Mutualisation et ressources humaines

Services communs, mise à disposition, transfert d’agents et conventions de gestion ne produisent pas les mêmes effets. Organigrammes, encadrement, données et conditions de travail doivent suivre le service réellement assuré.

Interventions de XXI

Des actes, des montages et une capacité de défense

L’intervention peut porter sur une décision ponctuelle ou sur une séquence de travail associant assemblée, directions juridiques et techniques, communes et opérateurs.

Cartographier les compétences d’une opération

Établir, pour chaque décision, le titulaire, le signataire, la base juridique, les partenaires et l’acte à produire ; identifier les différences liées au statut de la métropole concernée.

Auditer un transfert

Revoir biens, contrats, agents, passifs, données et charges ; établir la liste des actes et conventions nécessaires à la continuité du service.

Structurer la relation avec les communes

Rédiger les décisions sur l’intérêt métropolitain et les conventions de gestion ou de moyens adaptées ; organiser information, suivi financier et règlement des désaccords.

Monter une opération à plusieurs maîtres d’ouvrage

Coordonner foncier, autorisations, marchés, réseaux, travaux, calendrier et responsabilités entre métropole, communes, État et opérateurs.

Sécuriser une implantation économique

Relier acquisition ou occupation, réseaux, aides, obligations environnementales, contrats avec l’entreprise et engagements des partenaires financiers.

Contrôler une société ou concession

Examiner gouvernance, flux, rapports d’exploitation, investissements, données et risques de conflit d’intérêts ; préparer modification, échéance ou reprise du contrat.

Réviser urbanisme et habitat

Conduire la procédure de PLU intercommunal ou de programme local de l’habitat, vérifier compatibilités, concertation, foncier et mesures d’exécution ; préparer la défense des actes contestés.

Sécuriser mobilités et réseaux

Revoir transfert de voirie, conventions d’entretien, contrats de transport, eau, assainissement, déchets, réseaux de chaleur et équipements de recharge ; attribuer travaux, recettes et risques.

Programmer climat et inondations

Relier le plan climat aux projets énergétiques et à la qualité de l’air ; vérifier compétences GEMAPI, ouvrages, financements et partage des responsabilités en situation de crue.

Coordonner les contrats de ville

Rédiger engagements avec communes, État, bailleurs et associations ; sécuriser subventions, indicateurs et contrôle de l’exécution dans les quartiers concernés.

Préparer un contrôle de gestion

Tester la chaîne des compétences, transferts, participations, achats et opérateurs ; constituer les pièces, répondre aux observations et organiser leurs suites.

Assister en crise

Décider qui agit en urgence, préserver les preuves, organiser la continuité du service et coordonner réponse aux autorités, communication et défense contentieuse.

Prévention et contentieux

Défendre la bonne institution et le bon acte

Compétence et transferts

Traiter recours entre personnes publiques ou contestation d’un acte pris au mauvais niveau ; analyser les conséquences sur contrats, dépenses et continuité du service.

Urbanisme et grands projets

Défendre documents, procédures, autorisations et décisions foncières en tenant compte des maîtres d’ouvrage distincts et des délais de l’opération.

Achats, sociétés et concessions

Conduire référés et litiges d’exécution, de responsabilité ou de fin de contrat ; préserver les documents financiers et techniques nécessaires à la défense.

Usagers et responsabilité des réseaux

Traiter facturation, qualité de service, dommages de voirie, eau, assainissement ou déchets ; identifier opérateur, personne responsable et juge compétent selon le litige.

Contrôles et responsabilités personnelles

Assister la métropole et ses dirigeants dans les suites de contrôle des juridictions financières et, si les faits l’exigent, devant la chambre du contentieux de la Cour des comptes ou les juridictions pénales.

Deux situations types

Le statut change la conduite du dossier

Renouveler une voirie métropolitaine

Une commune souhaite coordonner réfection de rue, réseau d’eau et place publique. La métropole vérifie ses compétences et les biens concernés, fixe les maîtrises d’ouvrage, organise par convention les interventions de proximité et répartit coûts, dommages éventuels et information aux habitants.

Aménager un secteur de gare dans le Grand Paris

Logements, activités et mobilité doivent avancer ensemble. Avant le contrat d’aménagement, il faut déterminer ce qui relève de la métropole, de l’établissement public territorial, de la commune et des autres autorités, puis attribuer foncier, financement, autorisations et exploitation des équipements.

Adapter un quartier au vieillissement à Lyon

Logement, voirie, transport et accompagnement social se rencontrent sur un même périmètre. La Métropole de Lyon articule ses compétences métropolitaines et départementales, puis contractualise avec communes, bailleurs et opérateurs de l’autonomie pour attribuer travaux et services.

Ces exemples sont indicatifs et ne renvoient à aucun dossier du cabinet.